Kessel

Marge, image, visible, invisible

Ou une réflexion qui découle directement de la dernière lettre

Transdidaxie
9 min ⋅ 01/06/2026

Dans un premier temps, nous sommes le premier juin et je souhaite un bon mois des fiertés à toutes et à tous.

La dernière fois, je vous ai parlé des Femminielli (j’en profite pour vous conseiller l’article de Numéro, qui date de 2022 et qui aborde leur existence sous un angle différent, plus contemporain). Le temps de l’écrire, j’avais dans l’idée de mettre dans le texte la toile qui est sans doute la plus connue en lien avec eux. Il s’agit d’un tableau de Giuseppe Bonito, un peintre Rococo du XVIIIe siècle (oui, j’ai une éducation très classique avec une large part consacrée à l’art, ça risque de revenir de temps à autres, tenez vous prêts). Napolitain, c’est sans doute normal qu’il ait peint un femminiello. Il a consacré une partie de son œuvre, entre les portraits de notables, à des scènes de la vie, à des saltimbanques, etc. Il femminiello est donc un tableau peint au beau milieu du XVIIIe et qui se trouve au Portland Art Museum. Il est donc quelque peu antérieur aux portraits de la chevaleresse/chevalière d’Eon, qui datent plutôt de la fin du siècle. Pourquoi les associer ? Parce qu’ils sont du même siècle et parce que dans les deux cas, il s’agit de la mise en image de personnes qui performent un genre qui n’est pas celui qui leur a été assigné à la naissance.

Disons le clairement, le tableau de Bonito est sans doute intéressant pour la période et pour montrer des variations dans l’ordre cisgenre et hétéronnormé, mais il ne me plaît pas et il me pousse dans de nombreuses réflexions.

Marges

Ce que montrent les femminielli, c’est une existence dans les marges. Pour le coup, on existe depuis longtemps, toujours sans doute, dans les limites des sociétés occidentales (au moins). Des marges positives, sacrées avec des figures saintes ou des prêtresses qui sont identifiables comme des transcêtres, des marges sociales, avec des métiers du corps, travail du sexe notamment, dans des quartiers pauvres ou le spectacle de cabaret. Dans l’ordo binaire, nous étions contraints à cela, une vie pas totalement normale. Exister, mouais, on les laissait vivre ces travestis et autres, mais à la condition qu’ils ne fassent pas trop de bruits, qu’ils ne soient pas trop visibles, mais tout de même clairement identifiables, toujours sous le coup de condamnations diverses, que ce soit pour des infractions à la morale sexuelle et de genre, ou sous les coups des clients, des amants, des souteneurs.

Il y a toujours une question de visibilité, de passing, on pourrait dire. Être visible sans trop l’être, ou alors seulement dans les cadres attendus. Se fondre dans une image stéréotypée de la féminité ou trancher avec elle.

Ça me fait penser à Jacqueline Dufresnoy. Vous ne savez pas qui c’est ? Vous la connaissez sans doute sous le nom de Coccinelle et je vous encourage à écouter les émissions que France Inter ou Culture lui ont consacrées. Il existe aussi une BD qui fait sa biographie, Coccinelle : Chercher la femme, de Gloria Ciapponi et Luca Conca, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de la lire.

En me voyant je sais ce que vous vous dites
Que je ne suis pas ce dont j’ai l’air
Vous me jugez comment dire “insolite”
Alors regardez moi de long, en large et en travers

Cherchez, cherchez la femme
Voyez je ne cache rien, cherchez bien
En moi tout le proclame
Que le mot féminin, vraiment me convient
Je n’ai qu’un seul programme
Ce soir c’est de tout faire pour vous plaire
Cherchez, cherchez la femme
Vous verrez que je n’ai pas que l’air d’en avoir l’air

Chante t’elle dans l’un de ses morceaux, écrit pour elle par Robert Dalbret et que vous pouvez écouter . Vous l’aurez compris, Jacqueline Dufresnoy était une femme trans née en 31 et morte en 06. Elle a été une des stars de Madame Arthur et du Carroussel et a sorti des chansons. Dans les années 1960, avec l’aide de Badinter, elle a pu changer de nom et de genre officiellement (en s’appuyant plus ou moins sur un vide juridique prévu pour les personnes intersexes) et elle s’est mariée en 1962. Visiblement, il s’est agi d’un grand événement de la Jet Set de l’époque. Les journaux en ont parlé comme un événement important, comme le montre cet article de l’INA. Un mariage en blanc, à l’église qui plus est (encore une fois, c’est Badinter qui parvient à convaincre l’Église d’autoriser ce mariage qui fait suite à un nouveau baptême, si j’ai bien compris).

Mais Jacqueline est une femme du spectacle et ce qui est toléré pour les femmes cis du même milieu, ne l’est pas pour elle. Elle divorce, elle aurait des relations extraconjugales, etc. Le résultat est que, selon certains et certaines, les droits des personnes trans auraient pâti de ça. Je n’en sais rien et je m’en moque. Ce genre de discours, c’est encore une fois faire porter sur une minorité la responsabilité de sa propre discrimination.

Est-ce que ce qui lui est reproché, finalement, ce n’est pas simplement d’être sortie du spectacle, une marge comme une autre, un rôle bien défini dans laquelle son expression de genre était possible, pour devenir une personne un peu trop visible ? Pire encore, d’avoir voulu une vie de femme, de l’avoir vécue ?

Ce qu'elle dit dans les premiers mots de cherchez la femme que j’ai citée plus haut, c’est bien ça. Elle est une femme “insolite” dans le regard de son public, elle est femme jusqu’au bout, la féminité est ce qui la caractérise. Elle est cependant là, sur cette scène où on la devine, pour “plaire” à ce public sans doute essentiellement masculin. C’est son programme, sa mission, son rôle. La scène c’est ça, un rôle dans lequel elle peut-être elle-même, mais elle reste quelque chose d’insolite, quelque chose qui rassure. Sa transition vers une féminité assumée, pleinement, en dehors du spectacle, de cette case bien définie, c’est peut-être ça le problème.

En pensant à elle, je ne peux pas m’empêcher de faire le lien avec Comme ils disent d’Aznavour. Je me souviens d’une soirée karaoké dans un bar ou des cis het, plein de joie et d’idées réacs, s’enjaillaient en reprenant les paroles, les larmes aux yeux. Un pathétique de spectacle, nos vies LGBTQIA+ réduitent dans ce cadre à une démonstration de pathos. Si nous sortons des marges nous avons l’obligation de démontrer la tristesse de notre condition, d’être l’objet de moqueries ou d’autres.

On rencontre des attardés
Qui pour épater leur tablée
Marchent et ondulent
Singeant ce qu’ils croient être nous
Et se couvrent, les pauvres fous
De ridicule

Ca gesticule et parle fort
ça joue les divas, les ténors
De la bêtise
Moi, les lazzis, les quolibets
Me laissent froid, puisque c’est vrai
Je suis un homme, oh
Comme ils disent

A l’heure où naît un jour nouveau
Je rentre retrouver mon lot
De solitude
J’ôte mes cils et mes cheveux
Comme un pauvre clown malheureux
De lassitude

Sur la scène, dans nos marges, en démonstration, on doit donc plaire. Dans la rue, clairement identifiables, on doit faire front, ne pas trop réagir aux moqueries. Le personnage d’Aznavour fait bonne figure, puisque c’est vrai, comme si la vérité effaçait l’insulte qui va avec (malgré mon respect pour l’auteur, il n’était pas, je crois, des nôtres). C’est seulement dans la solitude, encore elle, que nous pouvons êtres nous-mêmes, pathétique. Que c’est rassurant, non. Malgré le passage antérieur, où avec ses copaines, il montre une grande sociabilité, l’existence d’une communauté de destin. Il doit tout de même être seul, isolé, abandonné, condamné à un amour impossible. Il enlève ses cils et ses cheveux, il se débarrasse de son masque de spectacle et derrière ce n’est que tristesse et peut-être duplicité finalement.

Cette chanson me tire les larmes (j’ai la larme facile), mais je ne suis pas sûres que l’empathie que je ressens pour ce personnage soit la même que celle des cis-het en général.

C’est une sorte de piège dans lequel nous ne pouvons pas gagner. Comme les autres minorités, auxquelles on reproche conjointement d’être trop visibles et pas assez intégrées. Comme aux femmes, en général, qui sont trop ou pas assez couvertes.

Être dans les marges, c’est être compréhensible pour la société. C’est une place qu’elle nous a fait et de laquelle nous ne devrions pas avoir le droit, la possibilité, de sortir sous peine de mettre la société en désordre. Ou alors, nous devons être de tristes objets de compassion et être identifiables, prêt à subir les conséquences de notre transgression, de notre monstruosité. Après tout monstare, c’est “montrer”, “indiquer”, en lien avec monere, qui évoque l’avertissement. De là à dire que nous avons vocation à avertir de la limite que vous ne devriez pas traverser, créatures pathétiques et souffrantes montrant les conséquences d’un tel acte, la misère et la solitude. Montrant, peut-être aussi, à quel point les autres peuvent être chanceux de ne pas être nous, comme ils sont beaux, élégants, normaux.

C’est sympa d’avoir une place, mais ce qu’on veut, c’est vivre tranquillement comme tout le monde devrait en avoir le droit.

Images en général

Il y a quelques temps, sur Bluesky, j’ai vu passer cette petite BD sur le compte de cdidoddess (@annoyingorange.bsky.social). Elle présente donc une personne qui doit dessiner une femme trans sur une affiche et qui représente donc une femme barbue. Il n’y a pas de problème avec ça, de mon point de vue, si une meuf cis ou trans, décide de se laisser pousser la barbe, c’est son choix et je n’ai rien à dire sur ça. Ce qui m’interroge, c’est cette récurrence des représentations des femmes trans avec de la barbe. Ça part d’une bonne intention sans doute, tous les corps sont beaux, etc. une idée d’inclusivité, je n’en doute pas, mais on peut voir aussi autre chose, notamment avec cette personne, les yeux cernés, l’air hagard en comparaison aux deux autres qui l’entourent.

C’est une façon de nous cantonner dans le visible comme un groupe immédiatement identifiable et sans doute encore pathétique et grotesque. C’est aussi une façon de nous renvoyer, sans doute, à une masculinité. Une bonne intention, peut-être donc, mais dans laquelle perdure une forme de transphobie (et je ne parle pas là des femmes trans qui se représentent de la sorte, encore une fois, ce n’est pas la même chose, parce que oui, c’est comme-ça, il y a des choses que l’on peut dire à propos de nous-mêmes, mais qui sont chargés d’un autre message lorsque des cis les disent).

Ce choix de représenter des femmes trans avec la barbe, au lieu simplement de mettre en lumière leur transitude par le drapeau ou un badge, ou que sais-je encore, c’est un problème, mais le passing en est sans doute un autre aussi. Les femmes trans à la plastique féminine irréprochable, c’est un but de transition qui serait inatteignable pour la majorité d’entre nous qui, comme pour toutes les femmes, se situent finalement dans un continuum de corps entre ces deux pôles.

Deux représentations qui nous disent de rester sagement à nos places ou qui nous griment dans l’image que la société veut avoir de nous en nous faisant entrer dans deux rôles entre le pathétique et la femme fatale. Parce que le passing va aussi avec ses complications, ses problèmes, au moment ou la transitude risque d’être dévoilée, cela peut conduire à la violence, à l’assassinat comme moyen terminal de ramener la personne en-dehors de la société, de la rejeter complètement pour la transgression ultime, celle d’avoir simplement désiré vivre une vie normale. La femme fatale, qu’est-ce que c’est, si ce n’est un archétype de la femme manipulatrice et dangereuse. A ce propos, on peut se rapporter au très vieux petit manuel de l’aspirant-scénariste de Colette.

R : Parce que : 1° la femme fatale est presque toujours décolletée; 2° elle est souvent armée d’une seringue de Pravaz ou d’un flacon d’éther ; 3° elle tourne sinueusement son col de serpent vers le spectateur ; 4° et plus rarement, nous ayant montré d’abord des yeux d’une grande étendue, elle les voile lentement de molles paupières, et, avant de disparaître, dans les brumes du “fondu”, elle risque le geste le plus osé qu’on puisse se permettre sur l’écran…
D. - Eh là !…
R. - … Je veux dire qu’elle se mord, d’une manièere lente et coupable, la lèvre inférieure.
D. - Vous m’avez fait peur. C’est tout ?
R. - C’est tout. Mais c’est assez.
D. - Vous ne voulez pas insinuer que la mimique de la femme fatale dans un film sensationnel se borne là ?
R. - Malheureusement non. Elle emploie d’autres armes, - j’ai indiqué, plus haut, le poison - comme le poignard, le revolver, la lettre anonyme, et enfin l’élégance.
D. - L’élégance ?
R. - J’entends pas là qu’infailliblement la femme qui piétine les coeurs et dévore les cervaux ne saurait se passer : 1° d’une robe-gaine en velours noir ; 2° d’un déshabillé dit “étrange” où l’on voit parfois, une broderie et peintures, l’algue, l’insecte, le reptile et la tête de mort ; 3° d’une gerbe de fleurs qu’elle lacère d’un geste cruel.

Coccinelle sortie de la scène, n’est-elle pas une femme fatale dans ces critères ? Toute femme trop bien sur elle, obéissant à des critères que la société semble valoriser, ne reprend-elle pas, finalement, dans les discours cette dimension de la femme fatale ? C’est vrai pour toutes, c’est vrai encore plus pour les femmes trans que l’on voudrait voir dangereuses, vicieuses, manipulatrices par nature. Qu’elles s’intéressent aux hommes ou aux femmes, d’ailleurs.

Face à la femme trans fatale, il y a l’image que l’on retrouve dans la BD que je vous ai montré plus haut, comme dans le tableau il femminiello. On en revient donc là. Ce tableau est grotesque, il joue sur le grotesque. Au premier plan, il y a cet homme goguenard dans son costume qu’on devine assez riche. Il porte se collier au coup du féminiello, sans doute des perles de corail, et nous regarde en souriant. Il nous prend à témoin de ce qu’il est en train de faire à la façon des fêtards de la chanson d’Aznavour, sans doute. Le femminiello, au second plan, est presque un personnage secondaire du tableau auquel il donne son titre. Le visage marqué par les années, il était peut-être comme-ça, ce n’est pas un problème, mais il me semble être le dindon d’une farce.

Il a le droit d’exister dans la cité parthénopéenne, mais c’est une existence des marges, un sujet de moquerie. Il est anormal, on peut s’en moquer, c’est normal et c’est bien, pour faciliter le jeu qu’il soit un peu grotesque. Un monstre, peut-être. Je n’en sais rien, je ne connais pas les intentions de Bonito au moment de peindre, je dis juste ce que je ressens. L’objet du tableau, ce n’est pas le femminiello, c’est le jeune homme du premier plan, son sourire moqueur, son geste qui lui est associé. C’est une caricature du don d’un homme pour sa fiancée.

Dans l’image, on retrouve la même façon de faire, une construction par la représentation d’une barrière. Bien entendu, c’est une représentation d’un femminiello. C’est bien, nous avons besoin de retrouver des cousins et des transcêtres dans les tableaux, mais la façon dont la représentation est construite doit aussi être interroger, comme l’interprétation qui peut en être faite.

Restez à vos places

Pour en revenir au XVIII, d’autres images existent, les tableaux qui représentent Charlotte d’Eon. Cette fois, il n’y a pas de grotesque dans les traits. La chevaleresse a été une personne fascinante, sous bien des aspects. Elle n’était pas un femminiello anonyme des rues napolitaines, mais une personnalité en vue. On peut penser à l’image de son duel contre le chevalier de Saint-Georges que j’ai placé en vignette (autre figure largement mise en retrait en France, sans doute pour la couleur de sa peau [d’ailleurs on pourrait encore discuter de cette image d’un homme noir cis et d’une femme trans blanche, deux grands bréteurs de leur époque, se livrant à un duel pour amuser la galerie]), ou les portraits qui la représentent seulement de face dans ses atours de dame. Puis, il y a le tableau attribué à Stewart qui représente une chevaleresse vieillissante dans les années 1790. Ce pourrait être n’importe quelle femme d’age mûr, avec son chapeau, la dentelle de sa robe, le regard fatigué après ses années d’exil londonien.

Pour autant, je ne peux pas m’empêcher de citer quelques passages d’un article que consacre Slate à la redécouverte de ce tableau en 2012.

La curiosité de Philip Mould, vendeur d’art et historien de l’art, a été piquée au vif quand il a vu le « portrait d’une femme à un chapeau à plumes », une œuvre du XVIIIe siècle. La « femme » avait en effet des traits un peu trop masculins selon lui.

Qu’est-ce à dire que ceci ? Jusqu’à ce que ce tableau soit identifié comme celui d’Eon, personne ne se posait la question. C’était une femme avec un chapeau à plume, mais il faut remettre les choses en place, rétablir l’ordre, deux cents ans après la mort de l’intéressée, la rétablir dans une masculinité qu’elle aurait masqué dans une optique sans doute malveillante. Après tout, les espionnes aussi sont sans des être des marges et peut-être même des formes archétypales de la femme fatale. Pour en rajouter une couche à cette assignation post-mortem, puisqu’il ne faudrait pas non plus laisser la mémoire de cette femme en paix :

A sa mort, un concile de médecins déclara néanmoins qu’il s’agissait bien d’un homme.

Et bien non. Je ne sais rien de la façon dont la chevaleresse vivait son sexe, mais je sais qu’elle vivait en femme et s’était présentée comme telle. Ça me suffit pour dire qu’elle en était une, sans avoir besoin de revenir sur ça.

Il s’agit toujours de rester à sa place, c’est l’absence de choix qui nous est donnée. Coccinelle a souffert d’avoir osé vivre, de se comporter en femme de son milieu. Lui reprocher sa vie, c’est la renvoyer à une forme de duplicité, semblable à celle d’Eon et, d’une certaine façon, à nous toutes. Nous représenter avec de la barbe, plutôt qu’autrement, c’est permettre de nous identifier, de nous tenir à la marge visuelle, de nous assigner par les poils réputés masculins. « Ces trans ne peuvent pas se cacher » sous couvert d’une pseudo inclusivité, ça reste peut-être ça l’idée inconsciente. « On vous permet de vivre, mais restez visibles qu’on puisse vous identifier, rire de vous et qu’il n’y ait aucun risque de vous confondre avec des femmes cis ». Si par malheur, on se fond trop bien dans le genre féminin, on se retrouve dans une situation similaire dès lors qu’un transphobe se décide à mener une quelconque transvestigation et ça touche du reste aussi les femmes cis pour peux qu’elles puissent être transidentifiées pour une raison ou une autre.

Si nous ne faisons aucun effort de féminisation, on nous le reproche, nous serions de fausses trans, si nous en faisons, nous sommes sournoises et dangereuses avec la menace que, même post-mortem, notre assignation de genre pourra être rétablie sauvant ainsi la société. Il ne semble pas y avoir de solution dans cette affaire. Même pour nos prétendus alliés, nous devons rester dans une visibilité rassurante et surtout ne pas trop élever la voix. De belles, ou moins belles, images sans capacités d’agir ou de nous autodéterminer.

Bref, plutôt que déblatérer, je vous encourage plutôt à regarder l’article de Numéro dont je vous ai mis le lien tout au début. Vous y trouverez des photographies de femminielli actuels. Ils n’ont rien à voir avec le grotesque de Bonito et c’est tant mieux.

Transdidaxie

Par Fanny Aignan

Docteure en sciences de l’éducation et de la formation, femme transgenre, j’occupe différentes fonctions, principalement de formation, mais je suis surtout une parent au foyer occupant son temps entre le ménage, le soin et les lectures.

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