Kessel

Cowell et Dillon

Genre et médecine, la transition chez une biographe cis

Transdidaxie
8 min ⋅ 12/07/2026

Je me suis rendue compte qu’en raison d’un bug dont j’ignore la nature, ce n’est pas la bonne version de l’article qui a été envoyé. Je vous prie de m’excuser pour cette erreur, même si j’en ignore la cause. Dans la précipitation pour corriger cette erreur, j’ai peut-être laissé ici quelques coquilles, ne m’en tenez pas rigueur.

Je viens de lire la biographie de Michael Dillon écrite par Pagan Kennedy. Je pourrais vous parler de la vie de cet homme, médecin, le premier sans doute à recevoir une phalloplastie, amoureux éconduit de Roberta Cowell, et converti au bouddhisme tibétain sous le nom de Jivaka. C’était mon but initial, mais je vais cette fois me contenter d’un résumé et j’y reviendrai plus tard.

Le livre est très intéressant, mais en le lisant, de nombreuses questions ont traversé mon esprit. A plusieurs moments, je me suis demandée où voulait en venir l’autrice. Le sous-titre est assez clair pourtant. Le livre s’intitule The first man-made man. Il y a déjà quelque chose dans cette idée, le fait que Dillon soit présenté dès le début comme une sorte d’artefact, presque déhumanisé. Le sous-titre en rajoute une couche : The story of two sex change. One love affair and a twentieth century medical revolution. J’ai dit que le livre était la biographie de Dillon, c’est le cas. Le sous-titre parle de deux changement de sexe, le deuxième concerne Roberta Cowell, mais elle n’a pas l’importance de Michael, elle est simplement une parenthèse, dans la mesure où leurs parcours sont étroitement liés, au moins pendant un temps, cette fameuse “love affaire”. Ce qui semble véritablement importer, c’est plutôt le dernier élément, la révolution médicale.

Un petit peu de contexte

Je ne reviendrai pas sur la vie de Roberta Cowell, j’en ai parlé dans sous l’angle de son témoignage vendu à la presse et sous l’angle de la presse elle-même. Le texte de Pagan Kennedy permet de voir les choses sous un autre angle, elle va aussi plus loin dans la vie de Roberta, mais dès qu’elle s’éloigne de Dillon, elle n’est plus qu’anecdotique. On apprend uniquement qu’elle a eut une vie difficile des suites de sa transition, notamment en raison des difficultés qu’elle a rencontrées pour retrouver du travail. Un phénomène lié, sans doute, à la transphobie et au scandale attaché à son nom et qui est assez proche de ce qu’a vécu aussi Christine Jorgensen (qui est, elle aussi, citée dans le livre comme une autre personne trans emblématique de cette époque). Pagan Kennedy écrit ainsi :

In 1962, Cowell told the London Times that as much as she had wanted to work her way out of debt, she was still not able to find an employer willing to associate with her. “Whoever I worked for would have the spotlight on them,” she said. “I find it virtually impossible to get a salaried job because ther would inevitably the publicity.” Cowell- a “spinster,” as she was described by the newspaper - had to depend on her parents to support her.

[En 1962, Cowell a déclaré au London Times que même si ele avait voulu travailler pour se sortir de ses dettes, elle n’était toujours pas en mesure de trouver un employeur prêt à s’associer avec elle. “Ceux pour qui je travaillais auraient les projecteurs braqués sur eux”, a-t-elle dit. “Je trouve qu’il est pratiquement impossible d’obtenir un emploi salarié parce que cela aurait inévitablement de la publicité.” Cowell – une “célibataire”, comme le décrivait le journal – devait compter sur ses parents pour subvenir à ses besoins.]

Michael Dillon est issu de l’aristocratie anglo-irlandaise. Il a grandi dans un milieu relativement aisé et a fait ses études à Oxford dans un parcours récemment ouvert aux femmes. Il semble se savoir homme depuis assez jeune, rêvant de grands voyages et d’aventures. C’est à la suite de diverses rencontres et de lectures qu’il découvre la testostérone, récemment synthétisée, et qu’il commence à en prendre. Par la suite, il écrit Self, a study in ethics an endocrinology, qui est sans doute le premier texte théorique sur la transition écrit par une personne trans.

Il rencontre sir Harold Gillies, un chirurgien plastique, obtient une mammectomie ainsi qu’une phalloplastie, alors qu’il étudie parallèlement la médecine à Dublin. La phalloplastie qui est pratiquée sur lui est le fruit d’années d’expériences acquises par Gillies sur des soldats de première guerre mondiale blessés au pénis.

Par la suite Dillon n’a pas la même vie que Cowell ou Jorgensen, il n’arrive que tardivement sur le devant de la scène médiatique et ce n’est que partiellement de sa faute. Il semble craindre une première fois de sortir de l’anonima après la publication des mémoires de Roberta. Cependant, elle ne donne pas son nom, même s’il n’aurait pas été très difficile de le retrouver aucun journaliste ne semble avoir cherché dans sa direction. C’est plus tard, parce qu’il a voulu faire changer son nom dans l’un des annuaires de l’aristocratie, mais pas dans un autre, que les journalistes se rendent compte du hiatus et se lancent sur ses traces.

A cette époque, il est médecin de bord et profite de son travail pour se réfugier en Inde et devenir moine. Il a déjà connu le bouddhisme par l’entremise de Gurdjieff, livresquement, et de Lobsang Rampa, qu’il a rencontré et considère comme son maître (pas besoin de discuter du fait que le premier était un mystique problématique sous bien des aspects et le second un menteur patenté, britannique se faisant passer pour tibétain et inventeur d’un Tibet fantasmé à la sauce occidentale qui a influencé notamment Tintin au Tibet).

C’est donc en Inde qu’il finit sa vie, sous le nom de Jivaka. De sa mort en elle-même, on ne sait pas grand-chose, elle a lieu, visiblement, dans un dispensaire du côté du Ladakh. Il s’y rendait parce qu’il s’était ouvert comme appartenant au “troisième sexe” ce qui semblait lui interdire “l’ordination” dans la plupart des monastères, mais pas nécessairement dans l’un de ceux situés au Ladakh.

Au cours de sa transition, alors qu’il n’est pas encore médecin, mais déjà auteur de Self, il fait la connaissance Roberta Cowell qui a lu son livre. Ils se rencontrent et le jeune homme nourrit un amour non réciproque pour l’ex-pilote. Il envisage le mariage, l’adoption, une vie normale, mais cela ne se fait pas. Roberta est passée à autre chose et en la matière Pagan Kennedy n’est pas très complaisante avec elle. Toujours est-il qu’il serait l’auteur de l’orchidectomie pratiquée sur Roberta, acte chirurgical illégal en Grande-Bretagne.

Il/Elle

Lorsque j’ai écrit les lettres sur Roberta Cowell, je me suis tenue à la genrer au féminin tout au long de sa vie. Un lecteur m’en a fait la remarque et j’ai essayé de clarifier mon point de vue. En réalité, je n’ai pas véritablement fait attention, j’ai choisi le féminin parce qu’elle était Roberta et que j’écrivais bien des décennies après sa mort. Il me paraissait bien plus logique de favoriser le genre féminin plutôt que masculin. Ça touche sans doute à mon choix d’employer le féminin pour parler de mon enfance (même si ça me conduit bien évidemment à bugguer). Dans le cas d’une autre personne, mon reflex serait de demander la façon dont elle pense les choses. Dans le cas d’une personne morte, ce n’est pas aussi facile. J’aurais dû sans doute me caler dans sa manière de parler d’elle-même, mais ça ne me semblait pas cohérent.

Pagan Kennedy, dans son livre, prend la position inverse. Elle emploie le féminin pour la jeunesse de Dillon, le masculin pour les jeunesses de Jorgensen ou de Cowell. Bien entendu, en faisant cela, je ne pense pas qu’elle pense à mal.

Cependant, ça m’interroge. A quel moment changer de genre pour parler de la personne ?

Dans le cas de Cowell qui raconte sa propre histoire, c’est l’opération qui semble être la borne de son histoire. A ses yeux, la féminité est étroitement liée à ses organes génitaux. Dans le cas des récits de Pagan Kennedy, les choses m’apparaissent plus compliquées.

“Pills saved her. Laura Dillon had managed to get hold of testosterone pills in 1938, soon after she’d graduated from college. She became the first woman on record to take the drug with the intention of change her sex.”

[Les pilules l’ont sauvée. Laura Dillon avait réussi à se procurer des pilules de testostérone en 1938, peu après avoir obtenu son diplôme universitaire. Elle est devenue la première femme enregistrée à prendre le médicament avec l’intention de changer son sexe.]

Dans ce passage Michael Dillon a donc bel et bien engagé sa transition hormonale, pour reprendre un terme anachronique, pour autant, l’autrice continue de le genrer au féminin. Pourquoi ? Je ne sais pas, cependant, quelques pages plus tard :

“So during the mid-1940s, Dillon lived a curious double life : he was both a medical student in Dublin and a patient in England.”

[Ainsi, au milieu des années 1940, Dillon a vécu une curieuse double vie : il était à la fois étudiant en médecine à Dublin et patient en Angleterre.]

Il est donc passé au genre masculin.

La seule chose qui a changé est qu’il n’est plus seulement sous testostérone, il a désormais entamé le processus chirurgical.

Le choix des pronoms n’est pas anodin. A travers ce choix, l’autrice nous renseigne sur des éléments de théories qui sont diffusés en même temps que l’histoire qu’elle nous raconte et, notamment, une théorie de la transition elle-même.

Le choix d’employer le genre assigné à la naissance pour discuter de la première partie de la vie d’une personne trans pose la question du moment où la personne est trans, où elle change de genre. J’ignore la façon dont Michael Dillon se raconte, j’ai lu Self, mais je n’ai pas encore lu sa biographie. Après tout, Pagan Kennedy ne fait peut-être que reprendre ses choix à lui.

Cependant, il y a dans ces récits de transition une représentation de la transition en trois temps.

  1. La période pré-transition, dans laquelle la personne est présentée sous le genre assigné à la naissance,

  2. Une période d’entre-deux, où le genre employé est toujours le genre assigné à la naissance,

  3. La période “post transition”, de l’aboutissement dans laquelle le genre devient le bon.

Cette construction présente des problèmes. Premièrement, elle présente la transition comme un chemin balisé avec une liste de tâches qu’il conviendrait d’accomplir. Deuxièmement, elle sous-entend l’existence d’un moment où la transition serait achevée. Troisièmement, elle laisse en place l’idée selon laquelle le genre d’une personne dépendrait de son apparence physique et d’éléments arbitraires résidant sur une vision très binaire. Enfin, c’est bien encore la médecine qui semble détentrice d’un droit de validation ou de formulation de la vérité sur nos corps.

La révolution médicale et le trickster

Je l’ai dit, la médecine occupe une place importante dans cette biographie. L’autrice annonce dès le sous-titre cette idée d’une révolution. Et pour cause, il serait absurde de nier que Dillon comme Cowell effectuent leurs transitions à un moment où la chirurgie et l’endocrinologie connaissent de profonds changements.

La prise d’hormones et la chirurgie apparaissent cependant comme des éléments centraux dans leurs transitions. Elles sont des bornes temporelles pour structurer cette transition en trois temps. Plus encore, c’est bien le traitement hormonal de substitution qui semble devoir jouer un rôle dans la définition des personnes trans.

He would have to invent the very idea of a transsexual – a person who used hormones to change his sex and then lived happily ever after.

[Il devrait inventer l’idée même d’un transsexuel – une personne qui utilisait des hormones pour changer de sexe et vivre ensuite heureux pour toujours.]

Dans son discours la prise d’hormone est donc constitutive du parcours et de l’être défini comme “transsexuel”. Ce qui laisse de côté les personnes trans ne souhaitant pas passer par la prise d’hormone ou les personnes n’ayant pas encore entamé ce parcours là. Cependant, elle n’est pas non plus complètement aveugle sur cette problématique.

The earliest technology that people used to change their sex was not hormones or surgery. It was clothing : skirts and trousers, jackets, scarves, earrings, scabbards.

[Les premières technologies utilisées par les gens pour changer de sexe n’était pas les hormones ou la chirurgie. C’était des vêtements : jupes et pantalons, vestes, écharpes, boucles d’oreilles, gaines.]

Elle a donc conscience de la continuité qui existe. La prise d’hormones et l’emploie de la chirurgie s’isncrit alors dans une longue histoire de l’appropriation, de la catachrèse, de technologies par les personnes trans (ou personnes qui peuvent être identifiées comme trans). La “révolution médicale” apparaît alors comme un jalon dans l’histoire trans comme l’opération en est un dans l’histoire de Dillon ou celle de Cowell.

Parallèlement, les médecins en eux mêmes font l’objet de digression dans la structure du livre, on rencontre ainsi Benjamin et Hirschfeld, en plus de Gillies qui, pour le coup, a toute sa place puisqu’il intervient à la fois dans la transition de Dillon et dans celle de Cowell. Face à ces médecins qui défrichent la science du corps, des hormones ou qui tentent de définir ce que sont les personnes trans, ces dernières apparaissent comme des tricksters. Ce qui est marrant, du reste, parce qu’elle reproche à la presse d’avoir vu Dillon et ses contemporains et contemporaines, précisément comme cela. Elle raconte ainsi la façon dont Christine Jorgensen s’est emparé de l’oestradiol, comme Renart s’emparant du frometon.

The doctor refused to help; he also committed the further cruelty of keeping Jorgensen in the dark about estrogen, which was then a readily available drug. Instead, he sent Jorgensen off to a psychiatrist, and that was the end of it.

Except it wasn’t. Jorgensen stumbled across Paul de Kruif’s then best seller about testosterone, The Male Hormone.He read it so many times the binding split, memorizing passages about estradiol (a variant of estrogen). Jorgensen had never heard of anyone using hormones to change sex, but he decided to see if it was possible. He wandered into a section of New Heaven where he knew no one would recognize him, found a drugstore, and asked for estradiol.

“That’s a pretty strong chemical,“ the man behind the counter warned. “We’re not supposed to sell it withouts a prescription.“

Jorgensen claimed to be a medical student working on a hormone experiment and walked away with a hundred tablets.

[Le médecin a refusé d’aider ; il a également commis la cruauté supplémentaire de garder Jorgensen dans l’obscurité à propos de l’œstrogène, qui était alors un médicament facilement disponible. Au lieu de cela, il a envoyé Jorgensen chez un psychiatre, et c’en était fini.

Sauf que ce n’était pas le cas. Jorgensen est tombé sur le best-seller de l’époque de Paul de Kruif à propos de la testostérone, The Male Hormone. Il l’a lu tant de fois que la reliure se brisa, mémorisant des passages sur l’estradiol (une variante de l’œstrogène). Jorgensen n’avait jamais entendu parler de quelqu’un utilisant des hormones pour changer de sexe, mais il a décidé de voir si c’était possible. Il s’est aventuré dans une section du Nouveau Ciel où il savait que personne ne le reconnaîtrait, a trouvé une pharmacie et a demandé de l’estradiol.

“C’est un produit chimique assez puissant,” a averti l’homme derrière le comptoir. “Nous ne sommes pas censés le vendre sans ordonnance.”

Jorgensen a prétendu être un étudiant en médecine travaillant sur une expérience sur les hormones et est reparti avec une centaine de comprimés.]

C’est donc bel et bien le récit d’une révolution médicale, mais surtout de la façon dont des personnes trans s’en sont emparées. Elles n’avaient pas nécessairement le choix, la médecine et l’état-civil comme seuls détenteurs du pouvoir de valider nos genres n’était pas une invention si ancienne que ça. Si la révolution médicale occupe une place si importante, c’est aussi en raison de cet état de fait. Il fallait entrer dans les cadres précisément définis par le discours des docteurs, des experts.

Paradoxalement ou non, Pagan Kennedy semble prendre la position des personnes trans contre les médecins ou les experts.

In Self Dillon asserted that there’s only one way to determine whether a person is male or female : ask that person. True sex may have nothing to do with the apperance of the body ; rather, the sense of being male, female, or something in between results from a “psychological build”, according to Dillon.

[Dans Self, Dillon affirme qu’il n’y a qu’une seule façon de déterminer si une personne est un homme ou une femme : demander à cette personne. Le vrai sexe n’a peut-être rien à voir avec l’apparence du corps ; plutôt, le sentiment d’être un homme, une femme ou quelque chose entre les deux résulte d’une « construction psychologique », selon Dillon.]

Elle conclut même son livre par une phrase du même type :

What was a man ? What was a woman ? Those questions would no longer be left to the experts.

[Qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce qu’une femme ? Ces questions ne devraient plus être laissées aux experts.]

Pour autant, malgré tout elle ne semble pas prendre toute la dimension de cette idée en laissant à la médecine une position de validation sur le genre des personnes. On pourrait penser que la biographie de Dillon telle qu’elle la construit est celle d’un homme luttant seul contre la médecine, mais ce n’est pas le cas. Il n’apparaît que rarement en lutte contre l’institution, les seuls antagonistes sont finalement la presse et des membres de sa famille. Les médecins apparaissent pour la plupart d’entre eux comme des personnes humanistes qui viennent à son secours sans trop poser de questions.

Et pourtant

Malgré mes critiques et quelques suspicions sur le rapport de Pagan Kennedy à la transition, ce livre reste très intéressant. J’ai apprécié de découvrir la vie rocambolesque de Dillon et de retrouver Roberta Cowell.

Il n’en demeure pas moins qu’on retrouve en filigrane dans cette représentation le combat des personnes trans pour s’emparer des savoirs dont elles ont besoin, savoirs médicaux ou autres. J’ai parlé de trickster pour qualifier Jorgensen, j’aurais pu employer le terme de décepteur. Dans les deux cas, il s’agit d’un type de personnage mythique ou folklorique qui se caractérise par sa propension à jouer avec les limites, à tromper, à mentir. Ce peut être Anansi, Coyote, Loki, Renart… toute une floppée de personnages sur tous les continents. J’aime bien cette idée, le trickster joue avec les règles notamment pour lutter contre les dominants. Il remodèle aussi la société.

Bref, comme je l’ai dit plus haut, je vous prie de m’excuser pour ce double envoi. J’ai sans doute fait une fausse manip, ou le problème vient du site, je ne sais pas. Toujours est-il que je reviendrai bientôt sur Dillon et ses position.

N’hsitez pas à vous abonner.

Bonne soirée et n’oubliez pas de vous hydrater par cette chaleur.

Transdidaxie

Par Fanny Aignan

Docteure en sciences de l’éducation et de la formation, femme transgenre, j’occupe différentes fonctions, principalement de formation, mais je suis surtout une parent au foyer occupant son temps entre le ménage, le soin et les lectures.

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