Lecture 3 (bis) : Les mémoires de l’Abbé de Choisy habillé en femme

Connoissez-vous la comtesse des Barres ?

Transdidaxie
8 min ⋅ 20/10/2026

Je dois dans un premier temps vous présenter mes excuses pour le temps qui sépare les lettres. Je dois reconnaître que reprenant un travail d’enseignement, je dois négocier mon temps. Je ne compte pas, pour autant, m’arrêter, c’est une respiration pour moi et cette nouvelle carrière implique de nombreuses questions dont je traiterai plus tard. Cette lettre ci est écrite depuis quelques temps déjà, mais j’avais retardé son envoi pour différentes raisons.

Le récit autour de la comtesse des Barres constitue la seconde grosse partie des mémoires de l’Abbé de Choisy habillé en femme. Comme pour la première partie, on ne sait pas clairement qui en est l’auteur. Est-ce Choisy ? Est-ce un autre ? Est-ce le même que pour Mme de Sancy ? Il y a beaucoup de questions que je laisse aux spécialistes, même si j’ai quelques idées. De la même façon, dans l’hypothèse où le récit serait authentique, on ne sait pas où le placer dans la vie de Choisy, avant ou après, les aventures de madame de Sancy.

Un nouveau départ

Ce récit semble commencer à la mort de la mère de la « comtesse » et le partage de son héritage. La jeune femme ne souhaite pas avoir une part égale à celles de ses deux frères aînés, elle évoque les rentes issue de son héritage paternel et de celui d’une tante. Si on considère qu’il s’agit de Choisy, il devait aussi compter sur les bénéfice des abbayes dont il était l’abbé commendataire. Elle souhaite seulement recevoir des boucles d’oreilles qui lui plaisent depuis longtemps.

J’étois ravi d’avoir de belles pierrerries ; je n’avois jamais eu que des boucles d’oreilles de deux cents pistoles et quelques bagues, au lieu que je me voyois des pendants d’oreilles de dix mille francs, une croix de diamants de cinq mille francs, et trois belles bagues. C’étoit de quoi me parer et faire la belle, car depuis mon enfance j’avois toujours aimé à m’habiller en fille, mon aventure de Bordeaux le prouve assez, et quoique j’eusse alors vingt-deux ans, mon visage ne s’y opposoit point encore.

Elle parle là d’une aventure qui est déjà évoquée dans Mme de Sancy, un séjour qu’elle aurait fait sur scène.

La question du visage est, ici, un élément intéressant. Comme dans le texte précédent, elle revient sur sa jeunesse et sur l’ancienneté de sa vie en femme et des pratiques qui pourraient y être associées. De nos jours, la pilosité des femmes trans est une question traitée par les laser ou l’électrolyse (cette dernière pratique était déjà courante dans les années dix, puisque c’est la méthode qu’aurait employée Suzanne Landgard durant sa désertion). La comtesse des Barres évoque elle aussi cette question.

Je n’avois point de barbe, on avoit eusoin, dès l’âge de cinq ou six ans, de me frotter tous les jours avec une certaine eau qui fait mourir le poil dans la racine, pourvu qu’on s’y prenne de bonne heure ;

J’ignore de quelle eau il peut s’agir, mais je suis à peu près certaine que, de toute façon, il ne s’agissait sans doute pas de quelque chose de très sain et qu’il est trop tard pour moi.

La question de l’apparence semble être importante pour la narratrice, elle évoque aussi la question de sa peau et de sa chevelure. À une époque où l’apparence féminine doit passer par une certaine blancheur et une chevelure claire, elle est tout le contraire. Cependant, elle salut le fait que la noirceur de sa crinière ferait passer le teint de sa peau pour « passable ».

Cette question du corps revient bien plus loin dans le texte. Il y a une constante entre madame de Sancy et la comtesse des Barres, l’idée que ce genre féminin est là et travaillé depuis longtemps. Il n’est pas question explicitement, dans ce texte-ci, de la volonté maternelle, mais on se doute qu’elle est tout de même quelque peu à la manœuvre.

On m’avoit mis dès l’enfance des corps qui me serroient extrêmement et faisoient élever la chair, qui étoit grasse et potelée. J’avois eu aussi fort grand soin de mon col que je frottois tous les soirs avec de l’eau de veau et de la pommade de pieds de mouton, ce qui rend la peau douce et blanche.

Le corps est politique et quelque soit notre genre, nous sommes toujours en travail constant pour le faire correspondre à ce qui est attendu par la société. Il est indubitable que l’injonction est bien plus forte sur le corps féminin et on retrouve déjà dans ce lointain XVIIe siècle les pratiques de la pommade et de l’outil servant de tuteur à la pousse correcte du physique.

Comme pour le teint général rendu « passable » par la chevelure noire, on retrouve dans ce passage un souci de cette clarté de la peau au niveau de la gorge cette fois. Plus loin, elle évoque encore, dans ses innombrables choix vestimentaires en guise d’inventaire à la Prévert, l’usage de masque qui puisse lui permettre de ne pas avoir de hale ainsi que des gants blancs protégeant ses mains. Cette obsession pour la blancheur à la fois gage de féminité et de bonne société, les paysannes n’avoient sans doute pas ces choix vestimentaires, se retrouve assez proche dans les textes de Roberta Cowell où elle évoque la blancheur de son teint comme une conséquence positive de son traitement hormonal.

Acceptation féminine, rejet masculin

Avant d’entrer réellement dans l’histoire de la comtesse des Barres, la narratrice construit une opposition entre deux personnages historiques dont elle était la contemporaine. La première est madame de La Fayette qui l’aurait encouragée à s’habiller en femme définitivement, la conduisant à se couper les cheveux pour les faire correspondre à son genre. Celle-ci approuve ensuite son engagement dans cette voie en appuyant notamment sur l’avis de la Rochefoucauld qui semble valider cet avis.

La narratrice note que l’avis de madame de La Fayette a été déterminant :

Cela me donna courage, et je continuai pendant deux mois à m’habiller tous les jours en femme ; j’allai partout faire des visites, à l’église, au sermon, à l’opéra, à la comédie, et il me sembloit qu’on y étoit accoutumé ; je me faisois nommer par mes laquais Madame de Sancy.

Cette acceptation, ou cet encouragement, conduit madame de Sancy/comtesse des Barres, à vivre de plus en plus ouvertement. On ne marque jamais assez combien c’est important, pour nous comme pour n’importe qui, d’être accepté.

La narratrice se dépeint alors comme une femme du monde qui fréquente les lieux de pouvoir et de culture et même quelques figures centrales de l’époque comme Monsieur. Le frère du roi est un personnage important de l’époque et une figure marquée aussi par la réputation d’être homosexuel. Dans la biographie de Choisy, on apprend qu’ils ont été partiellement élevés ensembles et partagent beaucoup de choses. Sous le double patronage de madame de La Fayette et de Monsieur, la narratrice semble vivre sa meilleure vie, y compris au niveau sentimental.

Quoi qu’il en soit, ce bal me donna une grande réputation, et il me vint force amants, la plupart pour se divertir, quelques-uns de bonne foi.

Il s’agit de l’une des rares allusions à des relations avec des hommes, alors que comme pour Madame de Sancy, la comtesse des Barres narre surtout des relations saphiques.

Cette période de bonheur pour la narratrice ne dure cependant pas longtemps. À l’acceptation d’une femme et d’un homme notoirement engagé dans des relations homosexuel, s’oppose une scène particulièrement douloureuse qui va déterminer le reste du récit. La narratrice, personnage principal, du texte raconte alors qu’elle se trouvait à l’Opéra. Une grande dame, madame d’Uzès la convia alors à se rendre auprès du Dauphin.

À Madame de La Fayette s’oppose donc monsieur de Montausier. Le gouverneur du Dauphin, que la narratrice appelle Rabatjoie, était accessoirement le père de madame d’Uzès et peut-être le modèle du Misanthrope de Molière.

Rabatjoie arriva ; monsieur de Montausier venoit de ses visites, d’abord madame d’Usez lui dit mon nom, et lui demanda s’il ne me trouvoit pas bien à son gré. Il me considéra quelques temps, et puis me dit :

– J’avoue, madame, ou mademoiselle (je ne sais pas comment il faut vous appeler), j’avoue que vous êtes belle, mais en vérité n’avez-vous point de honte de porter un pareil habillement et de faire la femme, puisque vous êtes assez heureux pour ne l’être pas ? Allez, allez vous cacher, monsieur le dauphin vous trouve fort mal comme cela.

– Vous me pardonnerez, monsieur, reprit le petit prince, je la trouve belle comme un ange.

J’étois très fâchée, et je sortis de l’opéra sans retourner à ma loge, résolue de quitter tous ces ajustements qui m’avoient attiré une si fâcheuse réprimande, mais il n’y eut pas moyen de m’y résoudre, je pris le parti d’aller demeurer trois ou quatre ans dans une province où je ne serois point connue, et où je pourrois faire la belle tant qu’il me plairoit.

Elle se trouvait donc au mieux, mais cette remontrance transphobe la conduit à hésiter à abandonner la vie qu’elle souhaiter mener. On peut discuter amplement de ce qu’il y a dans la sortie de Montausier. Dans un premier temps, il accepte de la genrer au féminin, mais par la suite, il lui reproche de vouloir être une femme alors qu’elle est « heureux pour ne l’être pas ? » Il y a toujours dans la transphobie une forme de misogynie. La narratrice est attaquée parce qu’elle s’habille en femme ce qui constitue une désertion de la position masculine valorisée. Parallèlement, Montausier invoque la « honte » qu’il devrait y avoir à ne pas tenir le rôle assigné à la naissance. Un outil qui reste assez fort de nos jours, un outil de coercition par le ridicule ou l’outrage à une quelconque morale. On peut aisément penser, par exemple, aux scènes comiques d’hommes habillés en femmes, ou aux figures transphobes de pervers comme l’antagoniste d’Ace Ventura ou Buffalo Bill dans le Silence des agneaux.

La résistance du dauphin m’évoque, dans une mise en relation qui n’a pas lieu d’être, sans doute, la relation qui se tisse entre un autre jeune prince, un siècle plus tard et dans un manga, et Oscar-François de Jajaryes. La situation est complètement différente, certes et je ne pourrais pas justifier l’évocation qui se fait dans mon esprit.

Du reste, cette scène et le commentaire qu’en fait la narratrice nous montre autre-chose. Elle est suffisamment sûre d’elle-même, sans doute heureuse de pouvoir vivre sa vie comme elle l’entend, que la remontrance émanant d’une figure importante de la cours royale n’est pas suffisante pour la contraindre à l’abandon. Elle est suffisante, cependant, pour une tentation que nous connaissons bien souvent : « pour vivre heureux, vivons cachées ».

Vivre cachée

Du centre de la vie où elle résidait, et où elle a été élevée, la comtesse des Barres est donc conduite à se rendre dans la périphérie, aux marges. Madame de Sancy vivait elle aussi dans les marges, dans le faubourg parisien, cette fois, elle va plus loin, là où elle pourra vivre plus ouvertement selon son goût. Les marges sociales et géographiques se superposent souvent.

Marges, marges, pourtant, la comtesse ne s’installe pas en marginale. Elle adopte cette fois une toute autre stratégie. Si madame de Sancy ne cachait à personne son genre assigné à la naissance, ce n’est pas le cas de la comtesse des Barres qui choisi directement de se présenter en femme cis. Pour ce faire, elle s’appuie sur un personnel qui est dans le secret.

C’est dans la région de Bourges qu’elle décide donc de s’installer, dans un domaine fictif de Crespon. Son biographe sous entend que la localisation de ne serait pas exacte tout en maintenant l’idée que le récit serait authentique. Dans cette nouvelle résidence, où elle passe pour veuve, elle se recrée un entourage comme madame de Sancy dans le faubourg, en se liant notamment à la femme du lieutenant général.

Pour s’intégrer, elle adopte une stratégie vestimentaire, qui n’est pas sans rappeler celle de madame de Sancy non plus, sauf que cette fois, elle démarre pas par une féminisation, mais monte en gamme dans le luxe de ses tenues.

J’avois changé à Paris ma croix de diamants, que je n’aimois point, contre cinq poinçons que je mettois dans mes cheveux ; ma coiffure étoit garnie de rubans jaune et argent, ce qui faisoit fort bien avec des cheveux noirs, point de coiffe, nous étions au mois de juin, un grand masque qui me cachoit toutes les joues, de peur de hâle, des gants blancs, un éventail, voilà ma parure ; on n’eût jamais deviné que je n’étois pas une femme.

Les vêtements et l’ensemble des accessoire qui les accompagnent relèvent donc bel et bien d’une stratégie de contournement, sans doute pour se prémunir de tous les problèmes. Elle veut travailler son passing pour ne pas développer de rumeurs et pouvoir vivre définitivement comme elle l’entends dans cette marge géographique où elle réside.

Grooming

Alors, oui, je sais, ce mot est un anachronisme, j’en ai employé d’autres. Je ne sais pas comment qualifier autrement ce que raconte la comtesse des Barres. De la même façon que madame de Sancy, elle se comporte comme une prédatrice auprès des jeunes filles de son entourage qu’elle attire chez elle. Les commentateurs décrivent les quelques scènes qui sont pour le moins ambiguës comme des référence à la littérature libertine de l’époque. Je ne sais pas, personnellement, ce que je dois en penser, même si ces scènes avec des filles assez jeunes (16 ans dans le cas de la fille de Madame de la Grise qu’elle accueille à Crespon). Il y a tout de même des éléments qui me font clairement douter de la véracité des propos, notamment le fait qu’après une scène qui relève du viol, indubitablement, il s’avère que la jeune fille fut suffisamment ignorante du corps humain pour se rendre compte de ce qu’il s’était réellement passé. Paradoxalement, quelques pages avant, alors qu’elles se retrouvent dans le même lit (usage commun et absolument pas sexuel entre deux femmes à cette époque) la comtesse lui a fait toucher sa poitrine pour lui montrer qu’elle était « bien femme ». Comme si, en l’occurrence, féminité et masculinité se limitaient dans le texte à ce qui immédiatement visible et assignable à l’un ou l’autre des sexes, les apparat vestimentaires comme la poitrine pour la femme. Par la suite, sa seconde compagne n’est sans doute pas beaucoup plus âgée, une comédienne du nom de Rosalie qu’elle entend former au théâtre, puisque c’est, comme elle précise, son premier métier.

Comme chez madame de Sancy et la marquise de Banville, il y a aussi un travestissement de la seconde compagne de la comtesse qu’elle habille en garçon après lui avoir fait adopter une tenue d’amazone pour participer à la chasse. Pour autant, les choses se compliquent quand Roselie tombe enceinte ce qui conduit la comtesse à quitter son refuge pour retourner à la capitale avant que la chose ne soit sue. Par la suite, la comtesse marie Rosalie à son amour d’enfance, mais prend ses disposition pour que sa fille soit correctement élevée et dotée.

Descente

Sous bien des aspects, il y a des similitudes entre le récit de Madame de Sancy et celui de la comtesse des Barres. Dans les deux cas, l’héroïne s’installe dans un nouveau lieu où elle peut vivre sa vie, même si elle adopte des stratégies différentes. Dans les deux cas, elle reçoit des accueils ambivalents entre l’acceptation de certains et les condamnations d’autres. Dans les deux cas aussi, elle se livre au grooming sur de jeunes filles alors que les relations masculines sont simplement mentionnées. Dans les deux cas, enfin, arrive la descente. Si on considère que ces récits racontent bel et bien des passages de la vie de l’abbé de Choisy, ils ne sont que des passades, des moment où le futur historien et ambassadeur du roi auprès du Siam se permettrait de vivre comme elle l’entend. Le jeu, semble, de son côté, être le véritable problème de sa vie. Dès qu’elle n’est pas autorisée à être elle-même, elle retombe dans cette pratique pour s’oublier, sans doute.

Dès que la petite fille fut mariée, je ne songeai plus qu’à moi, l’envie d’être belle me reprit avec fureur ; je fis faire des habits magnifiques, je remis mes beaux pendants d’oreilles qui n’avoient pas vu le jour depuis trois mois ; les rubans, les mouches, les airs coquets, les petites mines, rien ne fut oublié ; je n'avois que vingt-trois ans, je croyois être encore aimable, et je voulois être aimée.

J’allois à tous les spectacles et à toutes les promenades publiques ; enfin j’en fis tant que plusieurs gens me reconnurent et me suivirent pour savoir où je logeois.

Mes parents trouvèrent mauvais que je fisse encore un personnage qu’on avoit pardonné à une grande jeunesse ; ils me vinrent voir, et m’en parlèrent si sérieusement que je me résolus de quitter tout ce badinage, et pour cela j’allais voyager tout de bon en Italie. Une passion chasse l’autre ; je me mis à jouer à Venise, je gagnai beaucoup, mais je l’ai bien rendu depuis.

La rage du jeu m’a possédé et a troublé ma vie. Heureux si j’avois toujours fait la belle, quand même j’eusse été laide ! Le ridicule est préférable à la pauvreté.

Il y a indubitablement des choses dans ces textes qui me font penser à des faux. Déjà, le fait qu’il soit proprement improuvables qu’ils fussent écrit réellement par Choisy. Les historiens sont cependant plus à même que moi pour en discuter.

C’est sous un autre angle que je voudrais en discuter. En lisant ces deux textes, j’ai été sérieusement touchée par plusieurs scènes, le choix de l’oncle de madame de Sancy de la reconnaître comme sa nièce, comme la sortie, pleine de transphobie, de Rabatjoie. Je comprends les stratégies mises en place par cette femme, peu importe son nom, pour pouvoir vivre comme elle l’entend. Cependant, il y a d’autres éléments qui me laissent dubitatives. Premièrement, les passages qui mettent en lumière son comportement libertin et, notamment, les quelques « scènes » ou le sexe est évoqué et qui me semblent fausses, me rappelant plus Sade qu’autre-chose, mais aussi le temps incommensurable qu’elle met à discuter de chiffons. J’aime les fringues, je suis coquettes, mais s’il y a une constante (outre le misérabilisme) qui apparaît quand une personne cis raconte une femme trans, c’est bien cette insistance sur les vêtements. Lorsqu’elle évoque ses stratégies, c’est une chose, mais les listes interminables de tenues me semblent tellement exagérées qu’elles me font douter. Notez qu’il est possible que ce soit quelque chose de typique de l’époque aussi, ma connaissance des textes du XVIIe siècle est trop faible pour que je puisse le certifier.

Apocryphes ou non, ces textes ont l’intérêt de montrer l’histoire d’une femme trans (ou du moins identifiable comme trans dans la société du XVIIe siècle) à une époque bien antérieure et qui présente des différences autant que des similitudes avec la notre.

Transdidaxie

Par Fanny Aignan

Docteure en sciences de l’éducation et de la formation, femme transgenre, j’occupe différentes fonctions, principalement de formation, mais je suis surtout une parent au foyer occupant son temps entre le ménage, le soin et les lectures.

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